16.01.2006
Articles: Les Produits Du Marketing Ethique

Quels produits ont engendré le marketing éthique? L'éthique n'est-elle pas aussi un leurre pour entrer de nouveaux marchés? N'est-elle pas alors une mince couche de vernis apposée sur des pratiques commerciales honteuses? Des réponses par le biais de ces articles mettant en avant les productions responsables.
- Communiqué de O'Tomat paru le 21 novembre 2005
Dans une optique de développement durable et de promotion du commerce équitable, O’Tomat lance la première prestation de distribution automatique de boissons chaudes en gobelets carton et café labellisé Max Havelaar.
Les entreprises s'engagent dans des actions citoyennes pour la préservation de l'environnement et le développement durable. Cet enjeu pour la planète est devenu un facteur de cohésion et une préoccupation de tous. En proposant aux entreprises une prestation de café Max Havelaar en gobelets carton recyclables, O'Tomat s'inscrit dans cette démarche et encourage ses clients à opter pour une action solidaire.
Source: www.news-eco.com
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L'éthique devient chic par Frédéric Martin-Bernard
A la différence des marques écolo, moins pointues en termes de style, les nouveaux labels de mode équitable collent aux derniers courants.
Retrouvez l'article: http://www.madamefigaro.fr/mode/20051117.MAD0005.html
- Commerce équitable et multinationales: soyons vigilants! en date du 9 décembre 2005
Nestlé, numéro un mondial de l'industrie alimentaire, vient de lancer sur le marché britannique son premier produit équitable: le café soluble Partner's Blend.
Article intéressant pour appréhender les enjeux des outils du marketing éthique. En effet deux visions se confrontent ici: d'un côté Nestlé, géant de l'agroalimentaire, et Artisans du monde, fédération en faveur du commerce équitable. Sur son site, le réseau de distribution associatif y dénonce l'intérêt soupçonneux du groupe suisse pour capter de nouveaux consommateurs dans un marché en stagnation.
Source: www.artisansdumonde.org
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L'Unicef s'affiche au rayon produits frais paru le 16 janvier 2006 dans Les Echos
En acceptant d'apposer sa marque sur une brique de jus de fruits, l'association humanitaire initie une démarche d'un nouveau genre.
Branle-bas de combat dans le marketing humanitaire : une toute nouvelle marque arrive le 1er février, dans les supermarchés, au rayon des jus de fruits frais. Nouvelle ? Pas vraiment. Mais totalement inédite dans l'univers de l'alimentaire. En apposant en grosses lettres son nom en haut d'une brique de jus d'orange, l'Unicef inaugure un nouveau genre de marketing dans le domaine des produits " partage ", ceux pour lesquels une marque s'associe à une cause humanitaire pour une durée limitée. Là, le concept établit une toute nouvelle relation entre un industriel et une ONG, puisque c'est l'organisation qui est la marque leader de l'opération. L'organisme onusien de protection de l'enfance percevra 20 centimes d'euro à chaque litre acheté 2,35 euros par le consommateur, soit la totalité de la marge brute du produit.
L'initiative vient de Frische France, filiale du producteur et distributeur allemand de jus de fruits Frische, et plus précisément de son directeur général, Dominique Touboul, déjà familier des circuits du commerce éthique dans son précédent poste, et à l'origine du jus de fruits labellisé Max Havelaar sous la marque du distributeur Auchan.
Arrivé fin 2004 dans l'Hexagone, Frische France travaille pour la grande distribution en marque distributeur (MDD) - notamment pour Repère de Leclerc -, et en marque premier prix. Si Dominique Touboul reconnaît son souci " d'optimiser sa chaîne de fabrication ", il revendique également son désir " d'utiliser son pouvoir pour la bonne cause ". " Si le lucratif peut aider le non-lucratif pourquoi pas ? " se défend-il, arguant qu'il n'a pas cherché un tremplin marketing pour apparaître au grand jour.
C'est en effet l'Unicef qui a souhaité voir la marque de l'industriel apparaître sur le packaging pour " rassurer le consommateur ". Si l'organisation internationale estime être familière de ce type de démarche au travers des cartes de voeux ou des emballages cadeaux, elle admet aller un cran plus loin. " Nous nous adressons déjà au citoyen, au salarié et au consommateur. Certes, c'est la première fois que nous nous lançons dans le co-branding mais nous avions déjà eu une démarche similaire ponctuelle avec L'Oréal, il y a trois ans, et sa marque Biotherm ", explique Jacques Hintzy, président d'Unicef France. Les produits dérivés, les plus rémunérateurs, représentent déjà 30 % de ses ressources. Cette opération devrait lui apporter 1 million d'euros de revenus supplémentaires en 2006 et pallier le caractère ponctuel et irrégulier des dons.
Très prosaïquement, l'organisation reconnaît être motivée par un besoin croissant d'augmenter ses ressources. " Le budget Unicef s'élève à 1,7 milliard de dollars pour le monde entier. Il est deux fois et demi inférieur à celui de la protection de l'enfant en France, établi autour de 5 milliards d'euros ", poursuit Jacques Hintzy. Tous les acteurs de la démarche apportent également leur contribution : la très jeune agence de relations presse Press and Play officie gracieusement sur ce dossier - " Cela me permet de me faire connaître ", reconnaît Marc Ostermann, son jeune patron. Quant au partenaire médias My Media, il a déjà obtenu des annonces gratuites en presse et radios. Mais, dans cette histoire, l'industriel et le distributeur font l'économie de leur budget marketing, les consommateurs étant d'emblée attirés par la force de l'image de l'ONG.
" Un problème de cohérence "
L'initiative, qui fait apparaître l'Unicef comme une marque de consommation courante, déroute cependant plus d'un observateur. " Il ne faudrait pas que le privé se substitue totalement au devoir des Etats sur les programmes des agences internationales ", s'inquiète une spécialiste des ONG. " C'est bien de le faire. C'est toujours mieux que rien, admet Tristan Le Comte, patron fondateur d'Alter Eco, première marque de commerce équitable à s'afficher en grande consommation. Mais, à titre personnel, cela me gêne, car personne n'est vraiment certain des garanties éthiques et environnementales de la production. Cela pose un problème de cohérence globale. "
De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet, député de l'Essonne et présidente de l'association Consodurable, apprécie de " faire prendre conscience aux consommateurs qu'ils achètent autre chose qu'un simple produit. La société de consommation a tendance à nous enfermer dans la matérialisation. Cela permet de la dépasser. Pour autant, il est urgent de normaliser ces actions. "
Un pas franchi par l'Afnor
Du commerce équitable, qui permet aux petits producteurs d'écouler leur matière première dans de bonnes conditions au commerce durable, qui intègre des notions environnementales, en passant par l'éventail des actions des associations humanitaires, les positionnements et démarches foisonnent, jetant parfois le trouble dans les rôles du public et du privé et risquant de galvauder les fortes images de marque d'organisations ayant pignon sur rue. " C'est une question délicate mais nous ne le faisons pas sans avoir obtenu toutes les garanties sur notre partenaire industriel ", précise Jacques Hintzy.
" C'est un produit complètement transparent, souligne Dominique Touboul. La partie gauche du packaging donne des informations sur l'association, la droite sur la qualité du produit. Je ne vois pas comment le consommateur pourrait être troublé. " L'industriel a aussi veillé à se situer en dessous du prix de vente du haut de gamme du marché Tropicana pour rester attractif auprès des clients. Il n'empêche. Certains s'inquiètent du risque de banalisation, pire d'un scandale venant jeter l'opprobre sur ce type de démarche. " Déjà les consommateurs ont tendance à tout confondre. Ils achètent de l'équitable en croyant défendre l'environnement, alors que c'est un geste social. Le jour où l'on découvre que le tee-shirt acheté avec des matières premières équitables est en fait fabriqué par des enfants, on ruine à jamais la crédibilité de la démarche dans l'esprit des consommateurs. II faut clarifier les conditions éthiques pour ne pas prendre le risque de voir un consommateur se sentir floué ", prévient Nathalie Kosciusko-Morizet. Un premier pas vient d'être franchi par l'Afnor avec la publication d'un texte définissant les trois principes du commerce équitable au rang desquels " l'information et la sensibilisation du consommateur, du client, et plus globalement du public " apparaît comme incontournable.
, souligne Dominique Touboul. L'industriel a aussi veillé à se situer en dessous du prix de vente du haut de gamme du marché Tropicana pour rester attractif auprès des clients. Il n'empêche. Certains s'inquiètent du risque de banalisation, pire d'un scandale venant jeter l'opprobre sur ce type de démarche. prévient Nathalie Kosciusko-Morizet. Un premier pas vient d'être franchi par l'Afnor avec la publication d'un texte définissant les trois principes du commerce équitable au rang desquels apparaît comme incontournable.Cette clarification est d'autant plus nécessaire que d'autres initiatives de marques sont en cours d'élaboration, tant les études montrent à quel point les consommateurs sont réceptifs aux produits à connotations humanitaires. Des chaussettes Kindy à l'effigie de Kirikou fabriquées en coton équitable et associées à une opération de partage des revenus avec l'Unicef s'apprêtent ainsi à faire leur apparition au rayon chaussants. En voulant toucher le non-donateur sans empiéter son budget et en s'affichant trop souvent sur le plan commercial, l'Unicef touche au coeur de la relation entre l'individu et l'organisme humanitaire. Elle substitue au don qui engage la personne tant au niveau de son portefeuille que de ses valeurs un achat utile... au risque de brouiller son image !
SOPHIE PÉTERS
11:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Je suis certain que les produits Max Havelaar sont une excellente chose pour le développement des pays "du Sud". (Ceux qui nous vendent le café par exemple) Permettre à ces agriculteurs de vivre descemment de leur travail et par la même de gouter leur bon café est très respectable.
N'hésitons pas à payer plus cher un produit de qualité.
Ecrit par : Matthieu | 01.01.2006
L'un des objectifs du blog est de constater les limites du marketing éthique et de ses outils très respectables comme le commerce équitable. Si "l'outil" commerce équitable est utilisé par des entreprises investies fondamentalement par des valeurs nobles, il est aussi devenu une forme de promotion pour des grands groupes de distribution. Pour ces derniers on assiste à une publicité visant essentiellement à un rachat d'image tandis que les sociétés pionnières ne s'en formalisent pas plus que cela car leur création est née d'une vision responsable. Il faut donc être vigilant quant à la finalité de l'utilisation d'un label éthique, du principe de développement durable...
Ecrit par : Romain | 01.01.2006
Il est vrai que certains grands groupes ont compris que c'est une voie qu'il fallait utiliser pour toucher plus de personnes, développer son entreprise et faire du chiffre... Il faut rester attentif aux volontés purement commerciales et aux entreprises...
Je suis convaincu que le mode de développement "bio" ou "AB" ou l'on trouve bon nombre de produits solidaires et responsables est une solution pour consommer de façon responsable et devenir "consom'acteurs".
Neanmoins restons vigilant à certaines marques et entreprises.
je voudrais laisser le lien ci dessous
http://www.lesensdenosvies.org/
que je trouve intéressant et plus précisément cet article qui illustre le débat.
http://www.lesensdenosvies.org/lesite/bio/bio-aime-pas.html
Un exemple les plus intéressant : SOY (entreprise bio très connu dans le milieu) : filiale de NOVARTIS multinationale des produits chimiques
RESTONS VIGILANT QUANT AUX REELLES INTENTIONS DES ENTREPRISES
Ecrit par : Matthieu | 02.01.2006
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